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La gauche radicale est l'Ennemi

La gauche radicale est l'Ennemi
Un autocollant Antifa sur un panneau de signalisation à Duluth, dans le Minnesota.

L'heure est grave. Dans la foulée de l'assassinat de Charlie Kirk, le président Donald Trump lance une chasse aux sorcières contre la « gauche radicale » et la mouvance antifasciste. Le 17 septembre 2025, il déclare:

« J’ai le plaisir d’informer nos nombreux patriotes américains que je désigne “ANTIFA”, UNE CATASTROPHE DE LA GAUCHE RADICALE, MALADE ET DANGEREUSE, COMME ORGANISATION TERRORISTE [...] Je recommanderai également avec force que les personnes finançant “ANTIFA” fassent l’objet d’une enquête approfondie, conformément aux normes et pratiques juridiques les plus strictes ».

Nul ne sait encore quelles seront les conséquences exactes d'une telle campagne de répression, mais celle-ci est déjà entamée. Sur les médias sociaux, plusieurs journalistes, professeur·e·s et personnalités publiques, aux États-Unis et même au Canada, commencent à être ciblées, ajoutées à des « listes » de personnes dangereuses, car leurs commentaires critiques et parfois déplacés sur la mort de Charlie Kirk leur vaudrait de perdre leur emploi, d'être suspendu, voire d'être mis en prison. On verse ici dans le vigilantisme numérique le plus pur, avec des gens qui essaient de se faire justice eux-mêmes dans un contexte où l'idée de guerre civile devient une sorte de prophétie auto-réalisatrice.

La cancellation sur stéroïdes

Certes, des militant·e·s de gauche sont aussi parfois tombé dans ce qu'on nomme la « cancel culture » ces dernières années ; mais on assiste ici à une campagne d'annulation sur les stéroïdes. Le camp conservateur, trumpiste et réactionnaire a interprété la mort tragique de Kirk comme une « déclaration de guerre », certains courants d'extrême droite réclamant la vengeance et parfois même l'appel à la violence contre la « gauche radicale ».

Un tel élan de vengeance est-il justifié? Rappelons que Trump met en place un régime autoritaire sous nos yeux: il envoie la Garde nationale à Los Angeles, Washington, Memphis et Chicago, il multiplie par dix le budget de la police anti-immigration ICE via le Big Beautiful Bill, il construit des camps de détention à grande vitesse, il réprime les universités et définance la recherche scientifique, il remet en question la citoyenneté du sol, il accélère les arrestations et déportations de migrants. Outre l'annonce de la fin du Late Show de Stephen Colbert en juillet, c'est maintenant l'émission d'humour Jimmy Kimmel Live qui vient d'être suspendue pour une durée indéterminée par le réseau ABC en raison de ses propos controversés suites à la mort de Charlie Kirk.

Dans ce nouvel épisode de maccarthysme (aussi appelé Red Scare ou Peur rouge), la phobie généralisée de jadis à l'endroit des communistes est remplacée par une hostilité globale envers tout ce qui est associé de près ou de loin à la gauche radicale, l'antifascisme et/ou le wokisme. À titre de rappel, le sentiment anticommuniste s'était installé aux États-Unis dès les débuts de la Guerre froide, mais elle s'est amplifiée avec l'arrivée du sénateur Joseph McCarthy.

« Pendant deux ans (1953-1954), la commission présidée par McCarthy traqua d'éventuels agents, militants ou sympathisants communistes aux États-Unis. Plusieurs millions d’Américains sont soumis à des enquêtes judiciaires et policières [...] Le 25 novembre 1947, la Motion Picture Association annonce qu’elle n’emploiera plus de communistes. C’est la naissance de la liste noire, une liste d’artistes – communistes ou non – à qui les studios refusaient tout emploi. Des créateurs comme Bertolt Brecht, Charlie Chaplin et Orson Welles durent quitter les États-Unis. La liste noire exista jusque dans les années 1960. »

Aujourd'hui, ce sont encore les intellectuel·les, universitaires, artistes, journalistes, acteurs et actrices, membres d'ONG ou d'organisations communautaires, voire n'importe qui sur les médias sociaux qui seront épiés pour leurs déclarations passées. Cela m'inclut moi-même, compte tenu de mon passé militant, mes livres et mes prises de parole. Il est presque certain que je serai moi-même mis sur une liste noire et déclaré persona non grata aux États-Unis pour un long moment, surtout que j'écris dans mon nouveau livre que nous devons tous et toutes apprendre à devenir antifascistes.

Les motivations floues de Robinson

Rappelons aussi que pour l'instant, les motivations exactes du principal suspect Tyler Robinson dans le meurtre de Kirk restent à éclaircir. Si le scénario initial d'un militant antifasciste a été brandi, d'autres hypothèses ont été émises à l'endroit de son attachement à une symbolique d'extrême droite près de la mouvance Groypers. Or, ces deux scénarios sont actuellement remis en question. Des récentes informations tendent à confirmer que Robinson avait une relation avec une personne transgenre, que les inscriptions sur ses balles de fusil étaient d'abord issues de jeux vidéos comme Helldivers 2, qu'il était relativement apolitique ou sans idéologie politique claire. Bref, il Robinson semble avoir aucune affiliation claire avec une idéologie d'extrême gauche, ou d'extrême droite.

Bref, il est précipité de faire du mouvement « Antifa » l'origine de cet assassinat. Tout d'abord, ce que Trump qualifie d'Antifa ne correspond à une organisation politique précise, comme les Proud Boys par exemple. C'est plutôt une mouvance, un réseau d'individus et de groupes décentralisés, chacun prônant des tactiques propres. Ensuite, aucun lien n'a été avéré entre Robinson, l'antifascisme ou des groupes relevant de cette tradition politique. Pour l'instant, on aurait plutôt affaire au cas typique d'un loup solitaire radicalisé par la culture en ligne, qui a développé une haine particulière à l'endroit de Charlie Kirk.

Celle-ci serait-elle causée par sa relation supposée avec une personne trans, sachant que Kirk était hostile aux revendications trans? On ne le sait pas encore, c'est possible, mais ce n'est pas une raison non plus pour désigner le mouvement trans de « groupe terroriste ». Or, c'est précisément ce qu'une militante d'extrême droite bien connue qui a l'oreille de Trump, Laura Loomer, a tweeté récemment sur sa page X. Avertissement: propos transphobe.

Personnalité autoritaire et liberté d'expression

On voit ici la logique à l’œuvre de la personnalité autoritaire: je n'aime pas tel phénomène = je n'ai aucune tolérance envers de phénomène = mon pays ne devrait avoir aucune tolérance envers ce phénomène = ce phénomène devrait être désigné comme groupe terroriste = ce groupe devrait être déclaré illégal et réprimé. On voit ce raisonnement envers le mouvement LGBTQ+ aux États-Unis, et on le voit maintenant avec la gauche, le wokisme, l'antifascisme, etc.

Voilà un premier paradoxe de la pensée conservatrice et des courants d'extrême droite qui se présentent comme les ardents défenseurs de la liberté d'expression: alors qu'ils se prétendent victime de la censure (par la gauche, les universités ou les médias traditionnels) et ouverts au débat, aussitôt qu'ils en ont l'occasion, ils n'hésitent à verser dans l'appel à la censure, l'annulation, voire la répression politique de leurs adversaires. Alors que la « pensée conservatrice » serait soi-disant « criminalisée » par l'idéologie totalitaire du « wokisme », c'est la « gauche radicale » qui se retrouve aujourd'hui littéralement criminalisée par un régime autoritaire.

Entendons-nous bien: je ne dis pas que tous les conservateurs ou que des personnes comme Charlie Kirk n'aiment pas débattre ou qu'ils ne défendent pas sincèrement la liberté d'expression. Mais leur attachement à la liberté d'expression est loin d'être neutre, objective et impartiale; ils la défendent surtout lorsqu'elle menacée par des courants idéologiques progressistes, tout en restant silencieux lorsque celle-ci est menacée par des gens de leur propre camp. Un exemple parmi d'autres: cette grande campagne pour défendre la liberté académique contre le wokisme, que ce soit au Québec, en France ou aux États-Unis, mais le silence radio de ces mêmes intellectuels et chroniqueurs lorsque la liberté académique est attaquée à large échelle par le régime de Trump depuis le début de 2025.

Qu'on soit en accord ou en désaccord avec les idées de Charlie Kirk, qu'on exprime des critiques à l'endroit du mouvement des personnes transgenre ou qu'on défende leurs revendications, qu'on considère que l'assassinat de Kirk soit immoral ou une bêtise d'un point de vue politique, il devrait y avoir un consensus démocratique minimal sur le fait qu'on ne peut pas décréter du jour au lendemain des pans entiers de la population (qu'ils soient de gauche ou de droite) comme des terroristes potentiels. Cela justifie l'utilisation de tous les moyens de surveillance et de répression de l'État en raison d'un acte isolé, avec tout l'arbitraire et les abus potentiels que cela peut engendrer, à l'endroit de toute personne soupçonnée, à tort ou à raison, d'être un adversaire du gouvernement au pouvoir.

Les conservateurs décents, modérés et cohérents n'hésiteraient pas à défendre la liberté académique des universités comme Harvard ou Columbia, à critiquer l'annulation des émissions de Stephen Colbert ou Jimmy Kernel, et à voir dans les dérives autoritaires de Trump comme une menace imminente pour la liberté d'expression et la démocratie aux États-Unis. Or, ce qu'on voit plutôt, ce sont des gens qui se réclament du conservatisme tout en justifiant, en banalisant ou en appuyant carrément le trumpisme le plus débridé. On sort alors du périmètre du conservatisme compatible avec l'État de droit et la démocratie libérale, pour entrer dans la zone dangereuse de la « démocratie illibérale » (version Orbán ou Poutine) et du populisme autoritaire, lesquels commencent déjà à frayer dans les eaux marécageuses de l'extrême droite.

La gauche radicale comme bouc-émissaire

Dans tous les pays occidentaux, et même au-delà, la cible politique privilégiée est devenue la gauche, qu'elle soit nommée « gauche radicale », antifa, woke, etc. Le terme « woke » est devenue un buzzword dans les milieux conservateurs et d'extrême droite depuis plusieurs idées, mais aujourd'hui le terme « Radical Left » semble revenir à la mode. Ceci est vrai aux États-Unis, au Québec, en France, et un peu partout où les populismes conservateurs et les partis d'extrême droite jouissent d'une grande influence.

Le terme « gauche radicale » est utile, car il associe directement la gauche à la radicalité, un peu à la manière du terme « extrême droite » ; c'est un terme repoussoir. D'un point de vue politique, il est vrai que des groupes de gauche radicale ou d'extrême gauche existent, mais ceux-ci sont souvent confondus avec des partis de gauche modérés. Un exemple parmi d'autres: Québec solidaire est souvent qualifié de « gauche radicale », alors qu'il s'agit d'un parti de gauche ou social-démocrate, tandis qu'un groupe comme le Parti communiste révolutionnaire (PCR) appartient à la gauche radicale.

Il est d'ailleurs paradoxal que la droite s'offusque aussitôt qu'on utilise l'expression « fascisme » ou « extrême droite », alors qu'elle n'hésite pas à multiplier l'usage d'étiquettes comme « extrême gauche », « fanatisme diversitaire » ou « wokisme totalitaire » aussitôt qu'elle en a l'occasion. L'utilisation du terme, plus souvent qu'autrement, découle d'un procédé rhétorique de diabolisation de l'adversaire. La droite dénonce souvent de tels usages, mais elle reproduit cette même logique dès qu'elle peut marquer des points pour se montrer supérieure ou modérée. On diabolise l'Autre pour se dédiaboliser soi-même.

« We're anti-radical left social democrats »

Il en est ainsi du Parti Québecois de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) depuis bientôt deux ans. Dans le cadre d'une tournée en Alberta pour faire la promotion de l'indépendance et de sa vision politique pour l'avenir du Québec, PSPP a donné une longue entrevue avec Derek Fildebrandt dans le cadre du média Western Standard. Je recommande chaudement le visionnement de cette entrevue, car elle est révélatrice de la vision politique et stratégique de PSPP, notamment de son rapprochement avec des groupes conservateurs et libertariens, et de sa tentative de diaboliser la « gauche radicale » à la moindre occasion.

Rappelons que Western Standard est un média conservateur basé à Calgary, co-fondé par le militant Ezra Levant en 2004, un libertarien qui a ensuite créé Rebel News en 2015. Notons que Fildebrandt de son côté a appuyé Maxime Bernier en 2017, puis a créé le Freedom Conservative Party of Alberta (FCP) en 2018, lequel se définit comme un regroupement de conservateurs, de libertariens et de patriotes albertains en faveur de l'indépendance de cette province.

Cela ne pose pas de problème en soi pour PSPP, les politiciens pouvant donner des entrevues à des médias de gauche, de centre ou de droite sans forcément être associés à la tribune où ils expriment leurs idées. Dans une perspective de realpolitik, définie par Henry Kissinger comme « la politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l'intérêt national », il est même stratégique qu'un politicien indépendantiste québécois se fasse des alliés avec d'autres indépendantistes au pays, qu'ils soient de gauche ou de droite. Mais là ici n'est pas la question.

Quand Derek Fildebrandt pose la question à Paul St-Pierre-Plamondon de savoir où se situe le PQ à l'heure actuelle sur l'axe gauche-droite, PSPP répond: « I think we could say we're anti-radical left social democrats ». La formule est belle parce qu'elle est parlante tout en étant mystérieuse. En gros, PSPP se présente comme un social-démocrate opposé à la « gauche radicale ». Une façon de se situer comme un centriste modéré opposé au wokisme ou à la gauche radicale dangereuse.

The independence question: Parallels between Quebec and Alberta, Western Standard, 12 septembre 2025: https://www.youtube.com/live/MqE-KN7dyag

Lorsque Fildebrandt relance PSPP à savoir si cela veut dire qu'il est de « gauche modérée », il dit que le PQ est parfois de gauche modérée, et parfois à droite sur le plan économique. Bref, une sorte de centrisme opportuniste sur la question économique. Pour illustrer son propos, PSPP prend l'exemple des pays scandinaves (reconnus pour leur longue tradition social-démocrate), mais en ajoutant les nuances suivantes. Il souligne que ce sont des pays qui ont réalisé que les idées de gauche radicale avaient eu un « impact catastrophique » sur la paix sociale et leurs services publics (sans mentionner lesquelles). Ces sociétés poursuivraient l'idéal d'une « marked-based free society » (société libre basée sur le marché), où les plus riches contribuent à un filet de sécurité sociale (par contraste au socialisme qui aspire à éliminer le marché).

Il finit ce point en disant qu'il ajoute à cela une très forte critique de la direction qu'a pris le Canada sous le gouvernement Trudeau, non seulement ses « abus de pouvoir », mais surtout son « idéologie ». On voit ainsi que PSPP s'oppose plus frontalement à la vision politique de Trudeau, dont son multiculturalisme, son wokisme, sa gestion de l'immigration, etc., comme il a pu le répéter dans de nombreuses tribunes. Tout ceci n'est pas surprenant.

PSPP prétend ainsi s'inspirer d'un mélange de « social-démocratie » sur le plan économique (notons que les pays scandinaves ont aussi entrepris un virage néolibéral depuis une trentaine d'années, se rapprochant plutôt d'un social-libéralisme centriste), tout en défendant une position conservatrice en matière d'enjeux socio-culturels. PSPP se donne ainsi une allure de progressiste modéré, même s'il dit explicitement que son parti est parfois à droite (il mentionne le libre marché à plusieurs reprises dans l'entrevue, et a fait une campagne à droite dans la dernière partielle d'Arthabaska).

Mais sur la question de l'immigration, du wokisme ou d'autres enjeux liés aux minorités, le PQ de est clairement à droite. Une chronique de Mathieu Bock-Côté datant du 27 janvier 2023 exprime des idées défendues aujourd'hui par PSPP:

« Paul St-Pierre Plamondon a voulu cette semaine mettre en garde l'opinion contre l'irresponsabilité qui entoure le chemin Roxham. Il a aussi rappelé qu’une société qui accueille davantage d’immigration qu’elle ne peut en intégrer connaîtra tôt ou tard des tensions. C’est une simple évidence. Il suffit de regarder ce qui se passe en Europe pour le constater. Les peuples européens veulent stopper l’immigration massive, mais échouent à le faire. Seul le Danemark, social-démocrate, y parvient. Quand les partis traditionnels ne prennent pas les problèmes causés par l’immigration massive au sérieux, de nouveaux partis émergent pour s’en emparer. Certains les qualifient de populistes ou d'identitaires. PSPP parle plutôt des extrêmes. »

L'exemple du Danemark

En fait, PSPP critique rarement les extrêmes du côté de l'extrême droite. Il accueille même le groupuscule Nouvelle Alliance dans ses rangs, tout en soulignant qu'il est important de respecter le code d'éthique sur le discours haineux. Pas de problème à faire alliance avec Maxime Bernier, ou encore avec le Freedom Conservative Party of Alberta. Mais lorsque vient le temps de faire alliance avec la gauche, c'est silence radio, ou encore la dénonciation du wokisme et de la « gauche radicale ». Pas besoin de nouer une alliance avec Québec solidaire pour le camp du OUI, tellement ce parti est associé à la méchante « gauche radicale ».

Le PQ ne se démarque plus de QS par une approche plus pragmatique et modérée, avec une possible ouverture en termes d'alliances stratégiques ; il se définit plutôt par une posture anti-gauche radicale, donc anti-QS, et anti-woke. Le PQ sous PSPP prend ici l'exemple du Danemark. Le Parti social-démocrate (Socialdemokratiet) a été fondé comme un parti de gauche socialiste et marxiste au XIXe siècle, avant de devenir un parti de centre gauche modéré au XXe siècle.

Sous le leadership de Mette Frederiksen qui est devenue la première ministre du Danemark en 2019, le parti a pris un virage résolument anti-immigration, en appliquant les mesures parmi les plus dures en Europe. En 2022, le Parti social-démocrate a opté pour une coalition avec le parti des Modérés (Moderaterne) de centre-droite, puis le parti Venstre (La Gauche, Parti libéral du Danemark) qui est plutôt un parti de droite, libéral et agrarien, tout en ciblant les migrants et les groupes musulmans en particulier.

Mette Frederiksen, première ministre du Danemark session plénière du Parlement européen, juillet 2025

Frederiksen, sorte de PSPP danoise, a adopté des mesures comme celles-ci: « Le Danemark possède une loi « anti-ghettos » qui limite à 50 % la part de personnes d'origine « non-occidentale » dans les logements sociaux d'un quartier donné. Cette loi est antérieure au gouvernement Frederiksen, mais celle-ci a décidé, début 2021, de la durcir en réduisant le seuil à 30 %. Fin 2021, elle se déclare favorable à une large extension de l'inventaire des délits pouvant, pour les binationaux, donner lieu à une déchéance de nationalité. ».

Selon l'article en anglais de Wikipédia, on apprend aussi que: « sous Frederiksen, les sociaux-démocrates ont voté en faveur d'une loi permettant aux autorités danoises de confisquer l'argent, les bijoux et d'autres objets de valeur aux réfugiés qui traversent la frontière ; le projet de loi a été sévèrement condamné par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies et a fait l'objet de nombreuses comparaisons entre le plan et le traitement des Juifs dans l'Europe occupée par les nazis. Les sociaux-démocrates ont voté en faveur d'une loi interdisant le port de la burqa et du niqab, tout en s'abstenant lors du vote d'une loi sur la poignée de main obligatoire, indépendamment du sentiment religieux, lors des cérémonies de citoyenneté [...].

Frederiksen a également soutenu le Parti populaire danois (droite populiste) dans son changement de paradigme visant à faire de la remigration (repatriation), plutôt que de l'intégration, l'objectif de la politique d'asile. Elle a appelé à un plafonnement des immigrés non occidentaux, à l'expulsion des demandeurs d'asile vers un centre d'accueil en Afrique du Nord et à un travail forcé de 37 heures par semaine pour les immigrés en échange d'avantages.

Frederiksen a qualifié l'islam d'« obstacle à l'intégration », affirmant que certains musulmans « ne respectent pas le système judiciaire danois », que certaines femmes musulmanes refusent de travailler pour des raisons religieuses et que les filles musulmanes sont soumises à un « contrôle social massif », et elle a demandé la fermeture des écoles musulmanes. En avril 2021, Frederiksen a annoncé que l'«objectif ultime » du Danemark serait désormais « zéro demandeur d'asile spontané ». Beau programme.

Quand un politicien ou un chroniqueur prend un ton alarmiste en disant qu'il faut regarder les désastres de l'immigration en Europe et les menaces pour la paix sociale avec leurs ghettos, il y a de bonnes chances qu'ils prennent pour exemple les gouvernements de droite hostiles à l'immigration.

Si on vous dit qu'il est urgent d'agir avec vigueur ici avant qu'il ne soit trop tard, de durcir les politiques d'immigration en s'inspirant de certains pays d'Europe, le Danemark est probablement le modèle implicite de votre « social-démocratie » réservée aux citoyens nationaux.

Voulons-nous d'un Parti social-démocrate d'inspiration danoise faisant alliance avec la droite aux prochaines élections au Québec ? Là se trouve la stratégie « anti-gauche radicale » du PQ dans un contexte où le régime Trump lance la plus grande campagne de diabolisation de la gauche depuis les années 1950.

La gauche radicale est devenue l'ennemie #1, que ce soit aux États-Unis ou au Québec. Voilà la belle époque dans laquelle nous entrons désormais.