Pour en finir avec le facho-scepticisme (partie I)
Le fascisme circule un peu partout, mais pour plusieurs d'entre nous, il est difficile, voire impossible de le nommer. C'est un mot tabou, trop chargé, extrême, effrayant, trop vague ou grossier pour décrire adéquatement la réalité.
Que ce soit dans les discussions en ligne ou en personne, le mot "fascisme" peut sonner lourd, trop "militant" ou déplacé, une étiquette qu'on lance comme une insulte, pour éviter d'argumenter. Dans les médias traditionnels, le fascisme est rarement nommé, sinon de façon accidentelle au milieu d'une entrevue, alors qu'on ne s'y attendait pas. Son usage serait presque toujours exagéré ou abusif, un signe de pauvreté intellectuelle, de wokisme et/ou d'incapacité à faire preuve de nuances face à la complexité du réel.
Même les dérives autoritaires, les camps de détention, le démantèlement de l'État de droit et la brutalité décomplexée de forces paramilitaires sous l'administration Trump, avec l'invasion du Venezuela et ses menaces d'annexion du Groenland et du Canada, ne semblent pas suffisants pour qu'on utilise enfin cette expression. On dira alors: "oui mais, on ne peut pas encore parler de fascisme, nous ne sommes encore pas rendus là, il manque encore ceci ou cela".
Pourquoi le mot "fascisme" fait-il si peur, ou suscite-t-il autant de dénis, d'évitements, de rationalisations, afin d'utiliser d'autres expressions que celle-ci? Pourrait-on se contenter de termes moins chargés, comme populisme, droite, nationalisme ou conservatisme? Pour les politologues soucieux de rigueur, on pourrait utiliser d'autres notions comme "autoritarisme compétitif", "national-capitalisme autoritaire", ou encore "extrême droite" à la limite, qui seraient des termes plus nuancés prenant une distance face au fascisme historique de Hitler ou Mussolini.
Pour tenter d'expliquer cette réticence largement partagée, j'aimerais suggérer un nouveau terme dans le vocabulaire politique de notre temps: facho-scepticisme. Par analogie avec le climatoscepticisme, le facho-scepticisme se définit comme une posture de déni, de minimisation ou de relativisation systématique de la montée de l’extrême droite et des dynamiques fascistes contemporaines, malgré l’accumulation de preuves factuelles, sociales et politiques qui corroborent cette hypothèse.
Comme le climatosceptique face au réchauffement climatique, le facho-sceptique ne dit pas toujours “le fascisme n’existe pas”. Il peut aussi dire: "c’est exagéré", "c’est un abus de langage", "c’est une hystérie morale", "le vrai fascisme, c’était avant", "les comparaisons historiques sont illégitimes", "ce n’est que du populisme, de la grogne ou du folklore politique".
Les discours négationnistes et marginalistes
Il existe un niveau radical de facho-scepticisme dans l'espace médiatique. Par exemple, l'ex-chroniqueur du journal Le Devoir Christian Rioux considère que l'extrême droite n'existe pas, ou serait d'abord un "mot pour ne pas penser". Rioux se refuse à utiliser l'expression "extrême droite" pour qualifier le Rassemblement national en France, préférant l'appellation "droite nationaliste, populiste, ou même national-populiste".
Il en va de même pour Mathieu Bock-Côté, qui consacre le premier chapitre de son livre Le totalitarisme sans le goulag (2023) à démontrer l'inexistence du fascisme et de l'extrême droite sous toutes ses formes. L'extrême droite serait introuvable, une pure chimère inventée par les gauchistes et les wokes pour criminaliser le conservatisme. Cette forme radicale de facho-scepticisme pourrait être qualifiée de négationnisme, car elle nie l'existence même du phénomène.
Généralement, cette posture vient d'un manque d'éducation politique, ou au contraire d'un degré très élevé de politisation, campé bien à droite du spectre politique. Comme les êtres humains qui respirent l'air et les poissons qui vivent dans l'eau, les personnes qui adoptent une posture négationniste ne voient pas l'air qu'elles respirent ou les eaux dans lesquelles elles nagent, tellement cela fait partie de leur quotidien, de leur univers mental et symbolique.
La position négationniste est facile à réfuter, car il suffit de montrer qu'un seul cas ou quelques cas de groupes de droite extrémistes, néofascistes ou néonazis existent, pour que cette position tombe aussitôt. Au Québec, nommons des groupes comme Nomos-TV ou Atalante. En France, il y a des collectifs comme Génération identitaire et le Groupe union défense (GUD), ou encore la marche de milliers de militants néofascistes avec des croix celtiques en mai 2025 à Paris. En Italie, il y a CasaPound et la manifestation de 2024 où des milliers de manifestants ont fait des saluts fascistes en pleine rue à Rome. Aux États-Unis, il y a les Proud Boys (considérés comme un groupe terroriste par le Canada), ou encore les Groypers derrière l'influenceur Nick Fuentes, ou l'alt-right relancé au début des années 2010 par le suprémaciste blanc Richard Spencer. Et la liste continue.
Un discours plus subtil fera alors une concession: oui l'extrême droite ou le néofascisme existe, mais comme un phénomène marginal, groupusculaire ou folklorique. Il n'aurait aucune influence politique réelle, et serait confiné aux marges de la société, ou de la sous-culture web de la fachosphère. Cette perspective marginaliste représente une forme de facho-scepticisme, au sens où elle minimise ou banalise la présence du fascisme aux franges de la société.
Pour reprendre le cas de Mathieu Bock-Côté, dans un texte révélateur de septembre 2016, il cherche à discréditer l'idée que l'extrême droite serait une menace au Québec en donnant l'exemple du groupe Atalante.
Ses quelques membres, habillés de noir, défilent dans les rues au flambeau, lancent des slogans brutaux contre les immigrés. Ils ont invité un conférencier qui s’autoproclame néofasciste. En gros, on a là le folklore le plus caricatural de l’extrême droite. Et pourtant, tout d’un coup, dans les médias, on s’est excité. Des fascistes québécois! Chic! On va pouvoir se faire des peurs! C’est ce qu’on appelle se magasiner des sueurs froides à petit prix.
Cette rhétorique marginaliste concède qu'il y a l'existence de fascistes à notre époque, mais qu'ils seraient tellement peu nombreux qu'on se ferait des peurs inutilement. Notons qu'à l'inverse, Bock-Côté réitère à chaque occasion le fait que les islamistes radicaux et les wokes seraient un danger existentiel pour la démocratie, l'identité nationale et la société en général. On voit là le phénomène du "deux poids, deux mesures".
En résumé, les positions négationnistes et marginalistes sont les degrés les plus élevés de facho-scepticisme, au sens où elles rejettent du revers de la main le problème de l'extrême droite et du fascisme, que ce soit en niant carrément l'existence du phénomène, ou en affirmant que son influence serait minime et insignifiante. Pour reprendre l'analogie avec les discours climatosceptiques, il y a encore des gens qui affirment en 2026 que la crise climatique est une invention, ou que ce phénomène ne découle pas directement des activités humaines, ou encore qu'il y a un réchauffement climatique relatif, mais qu'il ne faudrait pas s'inquiéter.
Or, il existe des formes plus subtiles de facho-scepticisme qui méritent tout autant notre attention. Plusieurs personnes reconnaissent la présence grandissante des discours et des partis d'extrême droite à travers le monde, admettent qu'il y a une érosion de la démocratie libérale qui se manifeste par une crise de confiance envers les institutions et une montée des autoritarismes de droite. La plupart des gens sérieux admettent de tels phénomènes, mais hésitent encore à employer le terme fascisme pour les désigner. Comment expliquer les rouages de ce facho-scepticisme modéré?
Apprendre à reconnaître le fascisme
Tout comme le discours climatosceptique, il existe plusieurs mécanismes psychologiques et procédés rhétoriques qui permettent de minimiser l'influence du fascisme sur l'espace médiatique, les institutions et nos imaginaires. Bien qu'il soit un phénomène difficile à "mesurer" au même titre que la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère, le fascisme reste un phénomène sociopolitique observable qui présente différentes caractéristiques ou symptômes qui peuvent se manifester à différents degrés.
Prenons par exemple les 14 indicateurs du philosophe et sémiologue Umberto Eco dans son ouvrage Reconnaître le fascisme. Je ne souhaite pas ici revenir sur chacune des caractéristiques du fascisme que j'explore abondamment dans mon livre Fascisme tranquille, mais cette illustration inspirée du livre d'Umberto Eco offre un aperçu de ces 14 symptômes:

Notons d'abord qu'il ne s'agit pas d'une liste de conditions nécessaires et suffisantes, comme si toute entité devait absolument cocher les 14 critères pour être désignée comme "véritablement fasciste". Il s'agit d'abord de critères diagnostics pouvant se présenter à des degrés variables dans tel individu, parti politique ou régime politique, même s'il y a seulement 10 des 14 symptômes par exemple. C'est pourquoi Umberto Eco parle d'airs de famille (en s'inspirant de la philosophie du langage de Wittgenstein), et soutient qu'on peut reconnaître le fascisme même si un ou plusieurs traits sont absents:
Le terme fascisme s'adapte à tout parce que même si l'on élimine d'un régime fasciste un ou plusieurs aspects, il sera toujours possible de le reconnaître comme fasciste. Enlevez-lui l'impérialisme et vous aurez Franco et Salazar ; enlevez le colonialisme et vous aurez le fascisme balkanique. Ajoutez au fascisme italien un anti-capitalisme radical (qui ne fascina jamais Mussolini) et vous aurez Ezra Pound. Ajoutez le culte de la mythologie celte et le mysticisme du Graal (totalement étranger au fascisme officiel) et vous aurez l'un des gourous fascistes les plus respectés, Julius Evola.
À la limite, si on devait mesurer le degré de fascisme présent dans tel individu ou tel parti avec des données empiriques, on pourrait prendre chacun de ces 14 critères et les intégrer à un questionnaire de 30 questions avec une échelle de Likert (de 1 à 7), avec des réponses allant de "je suis totalement en désaccord" à "je suis totalement en accord". On pourrait ainsi mesurer si telle personne, tel groupe ou tel régime politique est "pas du tout fasciste", "un peu fasciste", "moyennement fasciste", "très fasciste", ou "fasciste à la folie". Cela a déjà été fait par Theodor W. Adorno dans le cadre de ses Études sur la personnalité autoritaire dans les années 1940, ou encore par le psychologue canadien Bob Altemeyer qui a actualisé ces travaux à l'aide des recherches en psychologie cognitive et sociale contemporaine, notamment dans The Authoritarians (2006), disponible gratuitement ici.
Une façon complémentaire de conceptualiser le fascisme est de l'aborder comme un mouvement ou un processus politique. L'historien et politologue Robert O. Paxton, dans son livre Anatomy of fascism (2004), propose la définition suivante:
Le fascisme peut être défini comme une forme de comportement politique marqué par une préoccupation obsessionnelle pour le déclin de la communauté, l’humiliation ou le statut de victime et par des cultes compensatoires d’unité, d’énergie et de pureté, dans lequel un parti de masse composé de militants nationalistes engagés, travaillant en collaboration difficile, mais efficace avec les élites traditionnelles, abandonne les libertés démocratiques et poursuit avec une violence rédemptrice et sans contraintes éthiques ou juridiques des objectifs de purification interne et d’expansion externe.
On a ainsi l'avantage d'avoir une définition unifiée, qui peut inclure un nombre variable de caractéristiques nommées précédemment. Mais Paxton se garde bien de définir le fascisme de manière statique, comme si le fascisme avait absolument besoin d'arriver à un régime politique totalitaire et sanguinaire pour être désigné comme tel. Le fascisme ne surgit pas tout d'un coup, en sortant de nulle part, mais passe par une série de cinq phases ou stades, dont l'émergence, l'enracinement, la prise du pouvoir, l'exercice du pouvoir et la radicalisation.
Une illusion d'optique qui alimente le facho-scepticisme est sans doute ce réflexe qui consiste qu'à ne garder que le stade 5 du fascisme radicalisé comme seul critère d'identification. Pour plusieurs, soit on a un régime totalitaire avec des camps de concentration, soit ce n'est pas du fascisme. Or, avant d'en arriver là, Hitler et Mussolini sont passés par différents stades, obstacles et développements, étapes qu'ils ont traversé avant de concrétiser la forme extrême de leur vision politique. Ils n'étaient pas moins de vrais fascistes dès la fin des années 1910.
Suite à cette brève définition du fascisme, combinant les perspective d'Umberto Eco et de Robert Paxton, essayons maintenant de comprendre pourquoi plusieurs personnes continuent de nier ou de minimiser ce phénomène.
Mécanismes du facho-scepticisme
Tout comme le discours climatosceptique, on peut identifier différents mécanismes inconscients ou stratégies rationnelles visant à nier l'existence ou minimiser l'influence du fascisme à notre époque. Voici une liste de six stratégies qui me viennent en tête, mais on pourrait sans doute en identifiant davantage:
Premièrement, il y a la stratégie du seuil, qui consiste à dire: "ce n'est pas encore du fascisme". On reconnaît ainsi une tendance à l’œuvre, mais on reste prudent, comme lorsqu'on affirme :"il y a certes un réchauffement climatique, mais ce n'est pas encore une crise climatique". Cela paraît prudent certes, mais il faut encore préciser ce seuil et le justifier. On reviendra au prochain texte sur les seuils légitimes à établir, et les seuils qui nourrissent le facho-scepticisme.
Deuxièmement, il y a la stratégie de l'exception. Par exemple, on soutient que le nazisme en Allemagne dans les années 1930-1940 était un cas tout à fait singulier, incomparable, et unique dans l'histoire. Et lorsqu'on reconnaît le risque d'une dérive autoritaire et fascisante aux États-Unis en 2025, on dira que c'est là un cas isolé, résultant de la folie de Trump, et non d'un phénomène plus large qui traverse les sociétés occidentales à différents niveaux.
Troisièmement, il y a la stratégie de la relativisation. On dira par exemple que d'autres régimes sont pires, comme l'Iran, la Chine, la Corée du Nord. On utilisera ainsi le même procédé climatosceptique qui consiste à dire: "il y a aussi eu d'autres températures extrêmes et variations climatiques majeures dans l'histoire". On minimise ainsi la présence du fascisme dans nos sociétés, en se comparant à d'autres dictatures ou totalitarismes.
Quatrièmement, il y a la stratégie du parallélisme absolu: pour être qualifié de "fasciste", un régime politique contemporain devrait reproduire à l'identique le régime de Hitler ou de Mussolini dans les années 1920-1930, point par point. Chaque petite différence sert de prétexte pour dire: "haha voilà, vous voyez, on ne vit pas exactement la même chose aujourd'hui, et donc ce n'est pas du fascisme". Voici un exemple de cette stratégie illustrée par cette image satirique trouvée en ligne qui compare les agents anti-immigration ICE avec la Gestapo du régime nazi.

On reconnaîtra séparément plusieurs symptômes du fascisme, mais en évitant soigneusement de conclure qu'il s'agit bien de (néo)fascisme. Le facho-scepticisme, c’est l’art de reconnaître chaque symptôme du fascisme sans jamais accepter le diagnostic.
Cinquièmement, il y a la stratégie du confort moral. Reconnaître l'existence du fascisme nous obligerait à agir, à repenser notre répertoire d'action collective, à prendre position, à nous mettre en mode résistance, ce qui est évidemment inconfortable. Comme la plupart des gens vivant en Occident n'ont pas connu le fascisme des années 1930 ou la Deuxième Guerre mondiale, et que la démocratie libérale basée sur l'économie de marché semblait incarner le summum du Progrès, il est difficile pour nous de reconnaître que le fascisme puisse ressurgir aujourd'hui. C'est une réalité très difficile à accepter pour l'ego, que ce soit au niveau individuel ou collectif. Le facho-scepticisme permet ainsi de rester neutre, de préserver une image positive de soi, tout en se croyant prudent et lucide. Bref, c'est réconfortant.
Sixièmement, certaines personnes utilisent la stratégie de l'inversion ou de la projection. Par exemple, on répliquera à la personne qui évoque la possibilité du fascisme en disant: "et si c'était toi au fond le vrai fasciste?". On renversera alors l'accusation et le fardeau de la preuve: "regarde comment les wokes sont autoritaires, menacent la liberté d'expression, veulent détruire la nation et la civilisation occidentale avec leurs dérives violentes". Le wokisme et le fascisme sont mis sur un pied d'égalité, mais en retournant la faute sur les excès du camp progressiste comme cause première de la montée de Trump par exemple.
On détourne ainsi la conversation en essayant de montrer que les antiracistes sont des racistes (anti-blanc), ou que les antifascistes sont au fond les vrais fascistes. Cette forme d'inversion se rapproche de la stratégie DARVO, un acronyme signifiant Deny, Attack, and Reverse Victim and Offender. C'est une forme de manipulation et de violence psychologique qui consiste à nier une accusation, à attaquer l'interlocuteur, et à renverser les rôles de la victime et de l'agresseur.
On a là ici différents procédés de minimisation ou de relativisation de la montée de l’extrême droite et des dynamiques fascisantes contemporaines dans les conversations quotidiennes, les débats en ligne et la sphère médiatique. Ces dynamiques psychiques, sociales et communicationnelles contribuent à générer un «facho-scepticisme ordinaire», soit un climat et un discours ambiant qui ne relève pas nécessairement de constructions discursives intentionnelles.
Cela dit, il peut fort bien exister des chroniqueurs, des politiciens et des spin doctors proches de l'extrême droite qui créent des stratégies, polémiques et lignes de communication visant délibérément à cultiver le facho-scepticisme, alimenter confusion et normaliser leurs discours de droite radicale. Le livre Les ingénieurs du chaos de Giuliano Da Empoli montre bien comment le populisme réactionnaire et le néofascisme ont bénéficié de ces technocrates au service des forces d'extrême droite. On peut penser à des figures comme Steve Bannon par exemple, qui a révélé sa stratégie en 2018 en disant "flood the zone with shit".
Mais l'hypothèse du facho-scepticisme ne repose pas d'abord sur l'existence de stratégies cachées ou d'un complot d'acteurs mal intentionnés visant à dissimuler ou atténuer l'existence du fascisme. Ce discours peut émerger et se répandre spontanément à partir des interactions dans l'espace public et des mécanismes exprimés précédemment, de façon consciente ou inconsciente, tout en étant propulsé par les algorithmes et les chambres d'écho des plateformes numériques, puis amplifiés à nouveau par les spin doctors, chroniqueurs et politiciens de droite radicale qui ont intérêt à ce que ce discours devienne hégémonique. On a donc affaire à des boucles de rétroaction de propagande, comme l'analyse de façon fine Yochai Benkler, Robert Faris et Hal Roberts dans leur ouvrage Network Propaganda (2019).
Outre ce facho-scepticisme ordinaire ou grossier, émanant de l'espace médiatique et d'acteurs visant à manipuler la population pour défendre leurs intérêts, on peut aussi distinguer une forme de facho-scepticisme théorique, issu d'un véritable effort intellectuel visant à comprendre le présent, à apporter des nuances et à proposer des catégories analytiques utiles pour étudier la réalité sociale actuelle.
Comme la théorie critique ne doit pas se limiter à rejeter les formes idéologiques simplistes et caricaturales, mais aussi s'intéresser à des discours plus sophistiqués. Ce sera l'objet du prochain texte de Métapolitiques, visant à répondre aux critiques de la notion de technofascisme et à l'usage du concept d'autoritarisme compétitif.
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