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MBC a peur, et c'est bon signe

MBC a peur, et c'est bon signe
Capture d'écran de l'émission Face à l'info sur CNews, où Mathieu Bock-Côté défend le projet de remigration d'Éric Zemmour. Source: publication de MBC sur la plateforme X.

Mathieu Bock-Côté est sur la défensive. Depuis la publication d'un article de La Presse intitulé « Nous avons remplacé la fierté par la fermeture », les insultes fusent à l'endroit de l'organisation indépendantiste transpartisane OUI Québec.

La raison? Les OUI Québec ont fait une consultation auprès de 50 organisations majeures de la société civile québécoise, et l'un des constats est qu'une bonne partie de celles-ci trouvent un « effritement du vivre-ensemble » dans le discours du mouvement souverainiste actuel, et qu'il serait sage d'adoucir le ton lorsqu'on parle d'immigration.

À mon avis, il n'y a rien de très scandaleux ici. Cela semble relever de l'évidence et du bon sens pour quiconque observe le virage à droite du Parti québécois, le ton de son chef PSPP qui reprend parfois telles quelles les lignes de Bock-Côté, et le martèlement d'une rhétorique anti-immigrationniste depuis 2023.

Lorsqu'on entend une critique selon laquelle le PQ joue la ligne dure en matière de politiques migratoires ou exacerbe les tensions entre majorité et minorités, deux réactions surgissent. Quand ce commentaire provient du camp progressiste, des libéraux ou des fédéralistes, la rhétorique péquiste ou droitiste habituelle se présente comme suit: bien sûr, c'est prévisible, car vous êtes des partisans du multiculturalisme, wokes, immigrationnistes, gauchistes radicaux, bien-pensants, mondialistes, adeptes de la submersion migratoire, défenseurs du régime diversitaire, etc.

Excommunier le souverainisme inclusif

Mais lorsque les critiques viennent de l'interne, c'est-à-dire de voix dissidentes au sein du PQ, ou encore de certaines critiques bienveillantes au sein de la nébuleuse souverainiste, incluant des anciennes ministres du PQ comme Louise Harel ou Louise Beaudoin, d'ex-militants péquistes comme Pierre Céré, ou encore de la jeunesse indépendantiste incarnée par les OUI Québec, alors cela devient un sacrilège, une insulte, une hérésie à punir ou à excommunier dans l'espace public. Dans un premier commentaire de Bock-Côté à l'endroit des OUI Québec, il dit:

La gauche diversitaire qui a coulé le mouvement indépendantiste après le référendum, avec son souverainisme honteux et son nationalisme détaché de la majorité historique francophone, et qui a permis l'émergence de l'ADQ puis de la CAQ en leur offrant un avantage sur la question identitaire, cherche à revenir dans le jeu, pour couler le mouvement souverainiste d'aujourd'hui, mouvement qui est justement parvenu à renaître en renouant avec l'identité et plus largement, avec les fondements existentiels du mouvement national.

On voit là le retour du refoulé, celui du nationalisme civique et inclusif qu'on croyait mort et enterré, après une décennie de guerre culturelle anti-woke qu'on croyait réglée pour de bon. Cette réponse inquiète témoigne à mon avis du fait que l'hégémonie bock-côtiste sur le camp souverainiste et nationaliste commence tranquillement à se fissurer.

Certes, son camp idéologique a actuellement le haut du pavé en contrôlant le discours et la direction actuelle du PQ. Mais toute attaque de l'intérieur doit être neutralisée immédiatement avant que le doute s'installe dans les esprits. Les brebis doivent rester sous le joug du curé et de son orthodoxie ultra-nationaliste; les fidèles doivent éviter les tentations du diable et suivre la ligne juste pour s'assurer d'atteindre le paradis promis. Dans un deuxième commentaire publié sur Facebook le 23 mai, Bock-Côté renchérit:

J'en redis un mot : les Oui Québec ne représentent pas le camp du Oui, mais sa frange minoritaire, celle qui a gâché le contexte post-référendaire, et qui n'aime rien tant que faire la morale aux indépendantistes et aux nationalistes. Nous les connaissons par cœur, ce sont des saboteurs, et des perdants, ce sont les idiots utiles du fédéralisme. Je ne veux pas trop m'attarder sur eux, mais je suis outré de les voir tirer sur le mouvement indépendantiste au moment où le pouvoir est à portée de main.

Ce commentaire est partiellement vrai et faux. Il est vrai que les OUI Québec incarnent en partie le nationalisme post-1995, celui qui a embrassé la modernité québécoise, avec ses mérites et défauts. Mais il n'a pas « gâché le contexte post-référendaire », sauf aux yeux de la frange ultra-conservatrice du mouvement nationaliste. Et s'il est vrai que cette tendance progressiste au sein de la coalition souverainiste est actuellement minoritaire (si on regarde le poids électoral de QS ou la visibilité limitée des OUI Québec dans l'opinion publique), cela fait-il de ceux-ci des saboteurs, des perdants, des idiots utiles du fédéralisme ?

On voit ici que la ligne dure bock-côtiste consiste à exclure symboliquement QS et les OUI Québec du camp du OUI, tout en tendant la main à des droites populistes, libertariennes, trumpistes et fédéralistes incarnées par Éric Duhaime ou Maxime Bernier. Ça en dit long sur son agenda politique. Tout ce qui est moindrement plus progressiste que lui se voit réserver le même sort: accusations, insultes, injonctions à se mettre au pas de la ligne juste du national-conservatisme intransigeant, sinon on devient ipso facto ennemi de la nation.

Une extrême droite qui s'assume

Bock-Côté se radicalise depuis la dernière décennie, et ça se voit à vue d’œil pour quiconque lit ses livres ou regarde ses interventions à CNews. Au Québec, il modère légèrement le ton, car il sait très bien qu'il s'agit d'une société plus consensuelle, n'aimant pas les extrêmes. Il s'applique alors à normaliser et adoucir les idées réactionnaires de la droite identitaire française, comme celle d'Éric Zemmour, mais avec une rhétorique nationaliste et québécoise pro-indépendance. Ça marche assez bien... jusqu'à un certain point.

Si les journalistes au Québec faisaient un travail plus sérieux à son endroit, plusieurs devaient prêter attention à ses interventions sur la chaîne CNews contrôlée par le milliardaire Vincent Bolloré qui contribue à extrême-droitiser le débat public en France. Dans une publication sur X du 20 mai 2026, Bock-Côté partage un extrait vidéo de son intervention à l'émission Face à l'Info, où il s'attache à justifier la politique d'« immigration négative » d'Éric Zemmour.

Il s'agit essentiellement de la politique de « remigration », névralgique pour l'extrême droite française, consistant à déporter massivement les personnes migrantes et même les citoyen·ne·s naturalisé·e·s qui ne sont pas suffisamment assimilés au modèle de la société d'accueil. Ça va loin.

Pour résumer le cœur de son intervention, Bock-Côté souligne d'emblée que l'immigration négative n'est pas un « tri ethnique », mais plutôt une mesure raisonnable visant à renvoyer les étrangers ou certaines catégories de personnes dans les paramètres de l'État de droit, selon des catégories juridiques définies.

Il précise ensuite les groupes en question: les personnes ayant un statut OQTF (Obligation de quitter le territoire français), les personnes arrivées illégalement, ceux qui pour vivre en France dépendent des aides de l’État (bref les pauvres racisés des quartiers populaires), les immigrants coupables de délits ou de crimes. Et il va même jusqu'à ouvrir la porte à « dénaturaliser » les non-assimilés, c'est-à-dire à révoquer la citoyenneté des Français naturalisés si ces personnes ne prêtent pas suffisamment allégeance aux valeurs et règles de la société d'accueil.

Tout comme Trump aux États-Unis, cela consisterait à expulser des millions de personnes du territoire français, y compris les non-natifs qui ont obtenu la citoyenneté française dans les règles de l'art. Selon Bock-Côté, si on décider d'appliquer les règles du pays d’accueil avec la plus grande intransigeance, cela enverrait un signal clair aux étrangers et immigrants, en créant enfin les conditions d’une assimilation réussie. Bref, la politique d'immigration négative consiste à créer un rapport de forces intérieur: il n’y a plus d’irréversibilité en matière d’immigration massive, on peut même révoquer votre citoyenneté.

Bock-Côté enchaîne ensuite avec sa rhétorique habituelle de la « submersion migratoire » qui serait selon lui un « coup d’État démocratique », en provoquant un « changement de peuple » dans des pays où on ne l’a jamais demandé. Le chroniqueur dit que si on avait demandé aux gens dans les années 1980-1990: souhaitez-vous être un pays progressivement islamisé, de moins en moins culturellement européen, un pays de plus en plus fragmenté, auriez-vous accepté une telle chose?

On voit ici tous les tropes du Grand remplacement et de l'ethno-nationalisme, comme s'il était évident qu'il était plus facile d'assimiler une personne d'origine italienne qu'une personne musulmane par exemple. L'immigration massive qui déplaît à Bock-Côté et sa famille politique, ce n'est pas l'immigration de personnes blanches ou d'ascendance européenne, mais l'immigration issue de cultures non-européennes.

Enfin, le chroniqueur termine sa chronique en disant que l'immigration massive a été rendue possible par une série de « mensonges » : 1) les peuples n’existent pas (il n’y a que les valeurs républicaines) ; 2) la submersion migratoire n’existe pas (on se ferme les yeux) ; 3) l’assimilation fonctionnerait parfaitement ; 4) l’écart identitaire entre les natifs et les immigrés ne compte pas ; 5) il est faux de dissocier l’immigration d’autres enjeux comme l'insécurité, le logement, les politiques sociales, le pouvoir d'achat, comme si elle était une question secondaire, alors qu'elle structurerait tout le débat public.

Pour terminer, Bock-Côté raconte à l'animatrice une anecdote tirée de son dernier passage à Montréal. Il était alors dans un cimetière et voyait différents noms sur les pierres tombales: Thibodeau, Tanguay, Touchette, Bigras, Leclerc, Lacroix, des noms québécois partout. Il ajoute: « je voyais mon peuple, son avenir était six pieds sous terre. Et je me promenais ensuite à Montréal, et je n'entendais plus parler français, ou de moins en moins, je me sentais étranger dans la métropole fondée par mon peuple, qui était à l'époque aussi le vôtre ».

Pour Bock-Côté, c'est d'abord pour éviter que « son peuple » (exclusivement d'ascendance canadienne-française) se retrouve six pieds sous terre, « que tant de gens aujourd'hui souhaitent stopper l'immigration massive, ou peut-être davantage ». Son programme a le mérite d'être clair: envoyer un signal clair à tous les gens qui ne sont pas des « Québécois de souche » qu'ils devront pleinement s'assimiler, sans quoi ils risquent d'être renvoyés chez eux s'il le faut.

La peur de disparaître constitue l'élément affectif fondamental pour justifier ce projet de la remigration des étrangers ou non-natifs. Ce sentiment d'aliénation identitaire s'exprime sous la forme: « je ne me sens plus chez moi », et sert de prétexte pour adopter des politiques illibérales contraire au droit international.

L'idéologue exalté

Quand certains disciples de longue date de Bock-Côté commencent à dire qu'il devrait se calmer ou modérer ses ardeurs, c'est le signe que sa rhétorique incendiaire commence à lui faire perdre certains alliés. Ce phénomène s'exprime de façon variable, et se déclenche souvent suite à des prises de positions (trop) tranchées ou la publication de livres polémiques qui en font décrocher certains.

Un exemple se trouve chez Jean-François Lisée qui écrivait en janvier 2024 que Bock-Côté exagère nettement dans son livre Le totalitarisme sans le goulag. Je me rappelle également avoir croisé l'historien Éric Bédard, jadis proche de Bock-Côté, lors du lancement du livre Les déclinistes. Ou les délires du grand remplacement d'Alain Roy en septembre 2023. Bédard, qui est un intellectuel nationaliste et conservateur, évitant l'outrance et les exagérations grossières, semblait alors avoir pris ses distances avec le populisme réactionnaire de Bock-Côté.

Le dernier exemple de cette distanciation critique face à l'idéologue ultra-nationaliste se trouve du côté du chroniqueur au journal Le Devoir Louis Cornellier, qui a écrit une chronique le 23 mai intitulée Mathieu Bock-Côté exalté. Longtemps admirateur de Bock-Côté dont il faisait l'éloge pendant plus d'une décennie, Cornellier commence à le critiquer plus ouvertement tout en soulignant au passage qu'il partage toujours certaines de ses idées avec lui:

Comme lui, je pense que le Québec s’étiole dans le Canada et que notre indépendance nationale s’impose comme une nécessité pour donner un avenir à un Québec ayant le français comme langue commune. Comme lui, je refuse qu’on accable l’Occident de tous les maux de la terre et je suis favorable à une définition large de la liberté d’expression, tant qu’elle ne verse pas dans la diffamation et dans les appels à la violence.

Ce qu'il y a d'intéressant dans cette chronique, c'est qu'un ancien disciple prend ses distances publiquement et n'hésite pas à critiquer son ancien mentor, notamment sur le plan de la « question sociale » et des politiques économiques droitières que Bock-Côté a commencé à défendre récemment depuis qu'il est devenue une superstar de l'Empire Bolloré.

S'il est commun d'attaquer Bock-Côté sur les enjeux identitaires, il est beaucoup plus rares que des gens, voire ses alliés, le critiquent sur ses positions économiques et mettent en lumière son rapide embourgeoisement. Si Bock-Côté s'est longtemps présenté comme un intellectuel rebelle face à l'Empire du politiquement correct, comme un défenseur des intérêts du peuple pour s'opposer à l'agenda des « élites mondialistes », il fait maintenant partie de cette même élite économique, médiatique et cosmopolite (qui doit prendre l'avion plus de 10 fois par année et fréquenter les milieux mondains), dont il partage les intérêts matériels.

Bref, ce n'est pas un hasard si Bock-Côté adopte aujourd'hui une rhétorique anti-impôts quasi-libertarienne, car cela découle en partie de son portefeuille et de la main qui le finance. Or, que des gens d'obédience nationaliste et conservatrice qui furent jadis ses admirateurs commencent à se retourner contre lui, c'est le signe que la gloire, l'argent et le pouvoir commence à lui monter à la tête. Bock-Côté aurait intérêt à revenir sur terre au lieu de s'enfermer dans sa bulle médiatique qui lui donne sans doute un sentiment de toute-puissance, qui s'accompagne d'une illusion d'invincibilité et d'une arrogance qui l'isole de plus en plus des gens qui l'ont apprécié autrefois.

Je termine ici en partageant une bonne partie de la chronique de Louis Cornellier qui vise juste, et cette critique fait d'autant plus mal qu'elle vient d'un ex-disciple et sympathisant qui commence à déchanter:

« J’ai déjà dit du bien de Bock-Côté, mais je n’en suis pas un disciple pour autant. Bien des choses m’éloignent de lui, et elles s’exposent tambour battant dans Le pessimiste joyeux (Fayard, 2026, 264 pages), le récent livre d’entretiens avec le journaliste Laurent Dandrieu que Bock-Côté vient de publier.

Je suis d’abord en complet désaccord avec lui concernant le modèle économique idéal. Bock-Côté, surtout depuis qu’il s’est enrichi, se déclare en guerre contre l’impôt. Il affirme, entre autres énormités, que « qui paie ses impôts vole sa famille » et qu’une « augmentation d’impôts est l’équivalent d’un toucher rectal à froid, avec un gant de crin ». Pour justifier sa croisade, il prétend, dans une chronique du Figaro, la mener au nom du « commun des mortels, vampirisé, étranglé par le fisc ». Pour Bock-Côté, l’impôt progressif ne permet pas la solidarité sociale ; il ne sert qu’à nourrir une lourde bureaucratie.

Ce discours très marqué à droite ne date pas d’hier. En 2012, dans une étude de l’Institut de recherche en économie contemporaine, les économistes Pierre Gouin et Gabriel Ste-Marie le réfutaient en montrant que les classes pauvres et moyennes recevaient plus en services publics qu’elles ne payaient en impôts.

L’État-providence, bien sûr, ne brille pas toujours par son efficacité. Malgré tout, on voit mal qui, à part les riches, Bock-Côté défend dans cette campagne. L’indépendantiste qu’il est ne voit-il pas que les nations qui ont de généreuses politiques redistributives engendrent de la cohésion sociale et nationale en réduisant les inégalités ? Ce sont même les sociétés les plus heureuses du monde.

Je veux bien que Bock-Côté et ses amis bien nantis aiment les banquets et les beaux costumes, mais peuvent-ils en laisser pour les autres ? Et quid de l’école à trois vitesses, que le chroniqueur approuve en se faisant le défenseur de l’école privée au nom de l’excellence ? Bock-Côté dit vouloir « du commun », mais presque toutes ses propositions nourrissent la division et, surtout, la hiérarchisation sociale.

Un autre de mes désaccords avec lui tient à sa conception de la démocratie. Pour lui, la démocratie libérale se résume à « la souveraineté populaire plus les libertés ». En gros, la définition me convient, mais je constate que Bock-Côté l’interprète de façon tendancieuse. Les libertés dont il est ici question doivent aussi être celles des minorités, assurées par l’État de droit. Or, Bock-Côté affirme sans cesse que la souveraineté populaire est confisquée par l’État de droit et déplore que la majorité ne puisse plus décider.

Je comprends ses réticences envers la constitution canadienne imposée au Québec sans son accord, mais, même dans un Québec indépendant, il faudrait, si on tient à la démocratie libérale, que le pouvoir judiciaire puisse jouer son rôle pour empêcher la tyrannie de la majorité.

Ça semble déranger Bock-Côté, tenté par le modèle de la démocratie illibérale. Il est donc préoccupant de l’entendre dire que le « camp national », s’il arrivait au pouvoir, devrait « modifier les institutions pour restaurer un esprit démocratique véritable ».

Un mot, enfin, sur l’immigration. Le sujet fait débat dans toutes les démocraties occidentales. Il est bien sûr légitime de remettre en question les niveaux actuels d’immigration. Il l’est toutefois moins de réduire les immigrants à une menace et de laisser entendre qu’ils sont la cause de tout ce qui va mal en Occident, notamment de l’insécurité. Au Québec, par exemple, en 2020, selon Statistique Canada, 26 % des préposés aux bénéficiaires (47,8 % à Montréal) étaient issus de l’immigration. Ça mérite le respect et ça incite à la nuance.

Dans Le pessimiste joyeux, Bock-Côté admet être « un exalté », « spontanément lyrique », en reconnaissant que « c’est un défaut ». Il ne lui reste qu’à en tirer la conclusion qui s’impose en matière de prudence et de modestie. »

Quand les amis de Bock-Côté commencent à lui dire qu'il devrait se calmer, c'est sans doute le signe qu'il devrait songer à arrêter de diaboliser ses adversaires, de pontifier ses critiques légitimes, de cracher sur ses alliés, et de commencer à écouter. Cela inclut de prendre au sérieux les personnes qui sont en désaccord avec lui dans les milieux souverainistes, et de tenir compte des préoccupations de son propre camp au lieu de les traîner dans la boue avec suffisance à la première occasion. Sans quoi, il creusera sa propre tombe, et contribuera à saboter le mouvement qu'il cherche lui-même à amplifier. Quand on s'enfonce dans l'exaltation, le dogmatisme et la témérité, on risque de s'auto-pelure-de-bananiser.