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Rima Hassan, entre extrême gauche et extrême droite

Rima Hassan, entre extrême gauche et extrême droite
L'eurodéputée de La France insoumise Rima Hassan. Photo: Getty Images/AFP/Bastien Ohier. Source: Radio-Canada

La vie politique est sous tension par les temps qui courent, et les étiquettes diffamantes ont le dos large. Si on s'insurge souvent que la gauche a tendance à vouloir annuler les conférences de droite à la moindre occasion, disons que la cancel culture fonctionne dans les deux directions. La fameuse "gauche radicale" reçoit aussi son lot d'injures, de menaces et d'intimidations.

Le plus récent exemple est celui de Rima Hassan, députée européenne de La France insoumise (LFI), qui prévoyait venir à Montréal cette semaine dans la foulée d'événements et de rencontres avec des groupes de la société civile pour échanger sur la résistance palestinienne et la lutte contre l'extrême droite. Or, elle s'est vue empêcher d'entrer au Canada la veille de son départ. Cela n'a rien d'une coïncidence, car sa demande d'autorisation de voyage avait été acceptée par les autorités canadiennes depuis un moment.

Les douanes ont soudainement refusé le 27 mars de la laisser entrer en lui exigeant plusieurs documents, dont son casier judiciaire (qui est vide), et des éléments liés à son interdiction d’entrée sur le territoire israélien (suite à sa participation à une flottille pour amener de l'aide humanitaire à Gaza en 2025). Cela était "suspect" de prime abord, mais un groupe sioniste (B'nai Brith Canada) a ouvertement revendiqué son moyen de pression sur l'Agence des services frontaliers du Canada.

Il y a aussi eu des pressions d'autres lobbys pro-Israël comme le CIJA qui a publié une lettre ouverte qui l'accusait d'être "profondément antisémite" et de glorifier le terrorisme. Il s'agissait ni plus ni moins d'une campagne de salissage pour faire pression sur l'opinion publique et les autorités, afin de faire annuler la conférence.

Si les lobbys pro-Israël ont réussi à empêcher la venue de Rima Hassan en sol québécois, elle donnera quand même ses deux conférences en ligne lundi et mardi prochain. Et cela apportera de l'eau au moulin à la résistance antifasciste qui doit s'organiser pour affronter la tempête, alors que la "gauche radicale" se fait traîner dans la boue, blasphémer et qui sait, bientôt criminaliser si la tendance se maintient. De mon côté, je participerai à un panel le mardi 31 mars pour échanger avec Rima Hassan qui sera en visioconférence, en compagnie du député solidaire Haroun Bouazzi, Nimâ Machouf, Safa Chebbi et Émilie Nicolas.

Lien vers l'événement Facebook, qui aura lieu à Montréal le 31 mars 2026 à 19h00.

Un cadrage médiatique trompeur

Admettons-le d'emblée, les figures politiques associées à la gauche ne sont pas désignées de façon neutre ou impartiale dans la sphère médiatique. Un symptôme de ce biais anti-gauche se trouve dans le journal La Presse qui a d'abord utilisé le titre sensationnaliste "La douane aurait bloqué une pasionaria propalestinienne". Le titre fut ensuite changé pour "La douane aurait bloqué une militante propalestienne".

Notons que le terme pasionaria fait référence à une "militante politique active et passionnée", ou encore à la femme politique basque espagnole Dolores Ibárruri, qui était surnommée "la Pasionaria" à son époque. Cette femme fut une résistante antifasciste durant la Guerre d'Espagne, secrétaire générale du Parti communiste espagnol entre 1942 et 1960, puis dirigeante du parti de 1960 à 1989, étant ainsi la première femme à diriger un parti politique en Espagne. Selon Wikipédia:

Elle soutient les troupes républicaines antifranquistes pendant la guerre d'Espagne en prononçant des discours incendiaires à la radio et en visitant les troupes au front pour leur remonter le moral. Elle est connue pour son fameux slogan « ¡No pasarán! ».

Si l'étiquette "pasionaria" peut sans doute s'appliquer au cas spécifique de Rima Hassan, qui est une militante franco-palestinienne luttant pour la justice sociale, les droits humains et la résistance au fascisme, ce terme n'a pas la même connotation dans l'espace médiatique mainstream. Ce terme connoté évoque l'idée d'une "militante gauchiste hystérique ou exaltée", de manière à la discréditer du point de vue de la droite réactionnaire ou du centre bien-pensant.

De son côté, Radio-Canada a utilisé le titre "Une eurodéputée propalestinienne dit qu’on l’a «empêchée» de se rendre au Canada". L'usage des guillemets laisse ici sous-entendre qu'il s'agit d'une simple supposition sans preuve. Enfin, c'est Le Devoir qui a le titre le plus neutre dans cette histoire: "Une députée européenne empêchée d’entrer au Canada".

Ironie de l'histoire, Hassan se rendait justement à Montréal pour discuter de la vague de censure que subissent les mouvements propalestiniens à travers le monde, ainsi que la diabolisation des discours antifascistes. Sa restriction de voyage au Canada semble une preuve de plus de ce phénomène. Comme l'indique le journaliste Quentin Dufranne:

Mme Hassan est députée européenne et membre de la Commission des affaires étrangères et des droits de la personne du Parlement européen. Elle est également membre de la délégation pour les relations avec la Palestine. Elle devait se rendre à Montréal pour participer à une conférence sur les tentatives de censure et de criminalisation des voix solidaires du peuple palestinien et à une autre sur les résistances contre la montée de l’extrême droite et du fascisme.

A-t-on affaire à une exagération ici, ou à une victimisation de la "gauche radicale"? Assiste-t-on à un simple retour du balancier, suite à des années d'intimidation de la "droite radicale" par les groupes progressistes? Comment démêler ce qu'il y a de vrai et de faux dans ces étiquettes hyper-chargées?

Extrême gauche vous dites?

Avouons-le, les termes "extrême gauche" et "extrême droite" sont loin d'être neutres. Le parti de Rima Hassan, La France insoumise, qui était jadis classé "à gauche" dans l'espace politique français, a été récemment classé dans la catégorie "extrême gauche" par le ministre de l'Intérieur en février 2026. Cette nouvelle classification est-elle justifiée, compte tenu des récentes positions de son chef Jean-Luc Mélenchon?

Disons d'abord que cette décision controversée fait bouger la fenêtre d'Overton, car La France insoumise est aujourd'hui mise en équivalence avec le parti du Rassemblement national (classé à l'extrême droite). On exclut ainsi LFI de l'arc républicain, lequel était jadis composé de partis sociaux-démocrates, centristes et de droite modérée, rejetant les partis jugés démagogues, populistes ou extrémistes.

Cela survient alors que l'extrême droite est de plus en plus normalisée dans l'espace médiatique, en France comme ailleurs. Cela permet ainsi de disqualifier tout ce qui serait "trop à gauche", en excluant des député·e·s et militant·e·s de la sphère de l'acceptabilité sur le plan moral, politique et médiatique.

Ce changement découle d'un long processus de diabolisation de La France insoumise, ce parti étant trop pro-palestien, populiste, écologiste et/ou antiraciste, refusant de se plier aux exigences de l'ordre établi. Or, s'il est vrai que LFI pourrait être associée à la "gauche radicale" ou une "gauche de rupture", selon l'expression privilégiée de ses député·e·s et militant·e·s, on est loin des partis historiquement classés à "l'extrême gauche" comme Lutte ouvrière, Révolution permanente ou le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), cofondé en 2009 par Olivier Besancenot et Daniel Bensaïd. Et on est loin de groupes révolutionnaires comme Les Soulèvements de la Terre, des collectifs anarchistes, autonomes, zadistes, etc.

Au Québec, on peut constater la même campagne de diabolisation de la gauche politique, mais avec un retard de quelques années. Le parti Québec solidaire (QS) se fait taxer de "gauche radicale" dans l'espace médiatique, en raison de ses liens avec des partis comme LFI et certaines prises de position. Néanmoins, si on compare QS à la gauche radicale française ou à d'autres groupes de cette mouvance à travers l'histoire, QS est bien peu radical.

Ce parti a somme toute un positionnement de gauche, se situant dans le sillage de la social-démocratie réformiste, refusant le compromis néolibéral des trente dernières années. Si le parti a certes eu des tendances plus radicales en son sein (d'orientation marxiste, écosocialiste, décoloniale ou autre), celles-ci sont largement restées minoritaires depuis sa fondation. Cela est vrai durant la période du leadership d'Amir Khadir et Françoise David, et encore plus depuis l'arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois qui a misé sur une stratégie de "gauche pragmatique".

Bien que certains éléments du programme de QS peuvent apparaître comme "radicaux" à notre époque (comme des nationalisations de secteurs stratégiques de l'économie), remarquons que des mesures de ce type ont été adoptées lors de la Révolution tranquille, par le gouvernement libéral de Jean Lesage au début des années 1960. Est-ce vraiment "radical" de créer une nouvelle société d'État pour répondre aux besoins de la population?

Si certains considèrent QS comme un parti "gauche radicale" ou un ramassis de "wokistes totalitaires", alors comment désigner des groupes comme Le Parti communiste révolutionnaire (PCR), l'Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA), la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), Les Soulèvements du fleuve, ou encore le collectif Montréal antifasciste ? Bref, l'étiquette "gauche radicale" a le dos large, et je réserverais cette étiquette aux groupes révolutionnaires visant explicitement à renverser les systèmes de domination, hors du cadre de la démocratie libérale s'il le faut.

Malheureusement, le virage à droite de scène politique québécoise agit comme un miroir déformant, comme si chaque petite mesure libérale était aussitôt identifiée à la "gauche radicale". On assiste ainsi à une surenchère d'anathèmes contre la gauche, alors qu'on assiste en temps réel à la droitisation accélérée de l'espace médiatique au Québec. Des figures comme Drainville (CAQ), PSPP (PQ), Duhaime (PCQ) et même le Parti populaire du Québec (proche de Maxime Bernier) se font la course pour savoir qui sera le plus à droite, afin de conquérir l'électorat.

Dans cet espace politique déformé, tout ce qui est à gauche de la CAQ sera considéré comme "gauche radicale", et tout ce qui sera à gauche de QS sera considéré comme "extrémisme violent et terroriste". À ce compte, la grève de 2012 aurait été une "insurrection wokiste violente", si on suit les catégories politiques en vogue en 2026.

Une question de symétrie

Par ailleurs, certaines personnes m'objectent que j'ai tendance à employer les termes "gauche assumée", "gauche critique" ou "gauche décomplexée" pour qualifier ma propre famille politique, alors que je n'hésite pas à utiliser des termes plus chargés comme "extrême droite" ou "fascisme" pour critiquer certains adversaires. Je témoignerais d'un biais en faveur de la gauche.

Cela est tout à fait vrai, bien que je veille à ne pas confondre conservatisme et extrême droite, et à bien distinguer des propos de droite populiste radicale (comme ceux de Mathieu Bock-Côté par moments), de propos encore plus extrémistes et néofascistes que l'on voit surgir ici et là dans l'espace public.

Remarquons aussi que Bock-Côté n'utilise jamais la catégorie "extrême droite" pour se décrire, et récuse la pertinence même de cette catégorie qui serait un signifiant vide ou une insulte pour discréditer la droite en général. Il s'identifie plutôt à des étiquettes comme "nationaliste", "conservateur", "populiste" ou "patriote", bien qu'il fasse aussi appel à la notion de "droite décomplexée" dans son livre l'Empire du politique correct en 2019.

Paradoxalement, Bock-Côté, n'hésite pas à utiliser de façon nonchalante des étiquettes comme "gauche radicale" ou "wokisme totalitaire" pour démoniser des discours qui s'opposent moindrement au conservatisme ambiant. Il se victimise d'être blasphémé par la gauche dans l'espace médiatique, ou encore d'être "extrême-droitisé", alors que son modus operandi consiste précisément à "extrême-gauchiser" toute idée moindrement progressiste. D'ailleurs, on lui reproche rarement ses excès de langages et boursoufflures rhétoriques dans les rangs de la droite nationaliste.

Pour répondre à ce problème flagrant du "deux poids, deux mesures", je suis en faveur de la symétrie des étiquettes. J'ai évoquée cette idée dans un précédent texte, pour identifier un principe de réciprocité dans la délibération démocratique. Cela permet d'ajuster le ton de la conversation par des arguments de même nature, afin que les deux interlocuteurs "jouent au même jeu" et respectent des règles communes dans leurs étiquettes respectives. Je m'auto-cite ici:

Si vous dites que je suis un "militant de gauche", je vais vous demander ce que vous entendez par là, et je vais probablement vous décrire aussi comme un "militant de droite", question d'honnêteté et de transparence dans le débat. Si vous dites que je fais partie de la "gauche radicale", vous devrez préciser le sens de cette expression, et il y a de bonnes chances que j'utilise aussi le terme "droite radicale" si votre discours correspond à certains critères.

Une réaction déchaînée de l'extrême droite décomplexée

Pour terminer, une réaction m'a fait sursauté suite à l'interdiction d'entrée de la députée Rima Hassan. Il s'agit d'un commentaire répugnant du militant d'extrême droite Alexandre Cormier-Denis, publié sur la plateforme X le 28 mars dernier. J'ai parlé de cette figure controversée à quelques reprises dans mon livre Fascisme tranquille, des entrevues et sur ce blogue. Je le cite ici, car il me sert de baromètre pour savoir où est rendu le discours néofasciste en sol québécois:

L'égérie du Hamas et euro-députée de LFI Rima Hassan a été interdite d'entrée au Canada. Une crapule islamo-marxiste de moins sur nos terres. La France devrait la déporter dans son pays de naissance, la Syrie.
Commentaire du militant d'extrême droite Alexandre Cormier-Denis, 28 mars 2026. Source: X

Je ne commenterai pas en long et en large ce commentaire haineux, mais je soulignerai qu'il ne s'agit pas d'un accident ou d'un dérapage; c'est plutôt le résultat d'une logique ethno-nationaliste dont Cormier-Denis se revendique lui-même de façon décomplexée.

Dans une entrevue avec Rémi Villemure, il affirme que l'ethno-nationalisme est "l'impérialisme du bloc canadien-français sur le reste de la société québécoise". En d'autres termes, les vrais Québécois sont les "Québécois de souche", c'est-à-dire les descendants des Canadiens-français-catholiques, et ceux qui veulent s'assimiler entièrement à ce bloc ethnoculturel. Tous ceux qui ne correspondent pas à cette vision ultra-nationaliste et chauviniste devraient être réprimés ou déportés.

Pour les gens qui doutent encore que le fascisme existe bel et bien au Québec en 2026, voici un autre exemple d'une publication virulente de Cormier-Denis datant du 27 mars 2026. Il fait un long commentaire critique sur la position de Bock-Côté dans le Globe and Mail, lequel considère que l'indépendance serait un remède contre le risque de l'effacement du peuple québécois. Tout le monde le sait, le nationalisme conservateur réactualisé par la CAQ et le PQ aujourd'hui s'inscrivent dans le "nationalisme de survivance", soit une réaction pour sauver un héritage (langue française et mode de vie traditionnel) face à une menace de disparation.

Fait intéressant à noter ici: Cormier-Denis juge la position de Bock-Côté trop molle et idéaliste, et plaide pour des mesures encore plus radicales. Si Bock-Côté contribue à tirer la fenêtre d'Overton vers une droite décomplexée, Cormier-Denis mise sur la surenchère identitaire et fait apparaître Bock-Côté comme un modéré. Ce dernier n'ose jamais parler directement de Grand Remplacement (tout en l'invoquant en sous-texte), alors que Cormier-Denis n'a pas peur de nommer les choses avec un discours franchement xénophobe et raciste.

Selon cette posture radicale ultra-nationaliste, ce n'est pas seulement l'immigration massive qui pose problème, ni même le recul du français; c'est l'immigration non-blanche (d'origine africaine, caribéenne et proche-orientale). La solution ne serait pas la baisse rapide des seuils d'immigration (comme le prône le Parti québécois), mais la "remigration", ce qui signifie la déportation forcée des immigrants non-blancs ou des gens jugés incompatibles avec notre mode de vie.

Je vais ici recopier l'intégralité du propos de Cormier-Denis qui fait office de programme politique de l'extrême droite décomplexée (ou nationaliste canadien-français selon le vocabulaire de l'auteur). Je vous laisse le soin d'en juger, mais attention, âmes sensibles s'abstenir.

Étrange papier de Bock-Côté dans le Globe & Mail ce matin. Il semble croire que la noyade migratoire du Québec est uniquement le fait d'Ottawa et que l'improbable Grand Soir référendaire péquiste changerait tout cela. Rien n'est plus faux. Les forces immigrationnistes au Québec sont largement québéco-québécoises : chambres de commerce, petit patronat régional, universités, syndicats, municipalités, ONG, élites médiatiques, etc.

Tous ces gens seront encore là dans un hypothétique Québec souverain. La simple tentative d'abolition du PEQ a réveillé tous les lobbys immigrationnistes du Québec qui ne s'en iront nulle par après une improbable déclaration unilatérale d'indépendance du Québec suite à un tout aussi improbable référendum « gagnant » à 50% + 1 voix.

MBC se trompe en pensant que la souveraineté changerait magiquement le modèle économique des PME québécoises droguées à l'immigration massive. Tout ce qui se passerait suite à cette indépendance toute théorique, c'est la fin de l'angoisse identitaire minoritaire et l'ouverture plus que jamais à une immigration « francophone » afro-islamique car il n'y aurait plus de péril assimilationniste anglophone. Le Grand Remplacement, mais en français, avec une laïcité d'opérette en prime. En somme, la réplique du désastre français actuel.

Le mouvement nationaliste ne doit plus perdre son temps dans des chimères irréalisables et des rêves de Grand Soir qui n'arriveront pas. Un véritable programme nationaliste canadien-français doit viser à :

1. Relancer la natalité canadienne-française par des mesures incitatives et une guerre culturelle sans merci au féminisme antinataliste, notamment en arrêtant les subventions à ces organisations nuisibles ;

2. Miser sur la robotisation et l'automatisation de l'économie québécoise pour sortir les entreprises de leur dépendance à l'immigration de travail qui devient immigration de remplacement ;

3. Arrêter la submersion migratoire « francophone », africaine, caribéenne et proche-orientale sélectionnée par le Québec et mettre en place des programmes de remigration pour ces populations incompatibles ;

4. Faire une sélection ethnoculturelle de l'immigration sur des critères de compatibilité civilisationnelle dépassant la simple question linguistique ;

5. Continuer à bâtir les institutions régaliennes de l'État québécois en le décanadianisant petit à petit, tout en feignant une allégeance à Ottawa pour anesthésier ses réactions intempestives alors qu'il est occupé par la «menace américaine» et l'aliénation de l'Ouest canadien.

Le véritable enjeu des prochaines années pour le mouvement nationaliste canadien-français n'est pas le chimérique référendum perdant, mais la lutte pour la survie démographique.

Beau programme. Ça a le mérite d'être clair. Si ces discours prolifèrent, la résistance contre l'extrême droite est toujours plus nécessaire.